Le système des examens nationaux en Tunisie se
distingue par son ancienneté, ses racines remontant au XIXe siècle (période du
protectorat français). Au cours des cinquante dernières années, le système des
examens scolaires nationaux a connu de nombreux changements qui ont touché les
aspects pédagogiques, organisationnels et procéduraux, ces changements étaient toujours
en lien avec les objectifs, les finalités et la structure des
cycles du système éducatif ainsi qu’avec les spécificités de ses filières.
Nous pouvons distinguer cinq phases,
chacune d’elles est liée, d'une manière ou d'une autre, à l’une des réforme du
système éducatif.
I. La phase de fondation du
système des diplômes nationaux (1958 –1967) : les examens scolaires nationaux
découlant de la loi de 1958
Cette phase peut être qualifiée de fondatrice [1]،,
son point de départ étant la loi sur l’éducation de 1958 qui avait :
- défini les finalités du système
éducatif national, précisé les grandes étapes de l’enseignement, leurs
objectifs, ainsi que la nature des métiers et des types de cadres que le
système entend former. Ainsi, l’enseignement
secondaire général visait, entre autres, à "former des cadres moyens techniques et non techniques nécessaires
aux e secteurs branches de l’activité
de la nation" (article 14, alinéa 3). L’enseignement secondaire économique
visait à "former les cadres moyens économiques et de préparer les élèves aux études
économiques supérieures" (article 19), tandis que l’enseignement
secondaire technique avait pour but de "former les agents techniques,
les techniciens moyens et les cadres de maîtrise, et de préparer les
élèves aux études techniques supérieures" (article 20).
- instauré une structure
éducative en trois cycles : l’enseignement primaire de six ans,
l’enseignement moyen de trois ans, et l’enseignement secondaire de six ans
divisé en deux cycles de trois ans chacun.
- fixé le système de diplômes qui
sanctionnent chaque étape du parcours éducatif (voir tableau suivant). Le
système comprend les diplômes suivants selon les cursus :
Pour l’enseignement moyen : la
loi de 1958 avait instauré deux examens :
- Un examen national pour obtenir le « Brevet d’enseignement moyen »
(article 13 de la loi de 1958).
- Un
deuxième examen pour obtenir le « certificat de qualification »,
délivré à la fin de la quatrième
année de l’enseignement moyen, dans les sections commerciale et
industrielle (article 12 de la loi de 1958).
Pour l’enseignement secondaire la loi de 1958
avait instauré Cinq types d’examens:
- Le «
Baccalauréat de l’enseignement secondaire » comprenant deux parties.
- Le
« diplôme d’études
commerciales pour les élèves de la section commerciale de l’enseignement
secondaire économique, organisé à la fin de la sixième année.
- Le «
Brevet d’enseignement industriel » pour les élèves de la filière
industrielle de l’enseignement secondaire technique, organisé à la fin de
la cinquième année.
- Le «
Brevet d’aptitude technique » pour les élèves de la filière industrielle
de l’enseignement secondaire technique, organisé à la fin de la sixième
année.
- Le certificat de fin des études préparatoires, en deux parties,
destiné aux élèves de la filière de formation des enseignants.
À noter que la loi de 1958 ne précisait pas les
examens relatifs à l’école primaire, c’est-à-dire le certificat de fin d’études
primaires et le concours d’entrée en première année de l’enseignement
secondaire. Elle se contentait de stipuler que ceux-ci seraient déterminés par
arrêtés du Secrétaire d’État à l’Éducation nationale, à la Jeunesse et aux
Sports (article 9).
Cette phase est donc bien une phase de fondation.
La période de 1959 à 1965 a vu l’adoption des différents textes créant les
diplômes prévus par la loi de 1958, l’organisation de leurs examens, les
premières modifications de leurs règles ainsi que leur équivalence avec
certains anciens diplômes. Le tableau suivant présente les décisions
réglementaires organisant les différents examens, classées chronologiquement
selon le processus progressif d’établissement de la nouvelle structure
éducative issue de la réforme.
|
Les diplômes cités dans la loi de 1958 |
L’organisation de l’examen correspondant |
|
1959 :l’organisation du certificat de fin des études primaires
(arrêté du 15 avril 1959) |
L’examen du CFEP a été organisé par l’arrêté lui-même puis réorganisé par
le décret du 31 mai 1963 par l’instauration d’une partie commune avec le
concours d’entrée à l’enseignement secondaire. |
|
1959 : instauration du Brevet d’enseignement industriel (décret 153 du 22 mai 1959) |
Son examen a été organisé par l’arrêté du
22/5/1959 puis modifié par l’arrêté du 3/3/1962 et modifié par les arrêtés du 31/5/1963 et du 28/5/1964. |
|
1959 : instauration du brevet d'enseignement commercial. s((décret 154 du 22 mai 1959) |
Son examen a été organisé par l’arrêté du
22/5/1959 puis modifié par les
arrêtés du 14/4/1961 et du 15/4/1963. |
|
1961 : instauration du Brevet d’enseignement moyen par le décret 151
du 3/4/1961 qui a été modifié par le décret 162 du 7/5/1962 |
Son examen a été organisé par l’arrêté du
3/5/1961puis modifié par les
arrêtés du 7/5/1962 et du 28/5/1964. |
|
1963 : instauration du Baccalauréat de l’enseignement secondaire et
des diplômes de fin des études normales, commerciales et industrielles par le décret 87 du 1/4/1963 qui a été
modifié par le décret 113 du 15/4/1964. |
L’examen du baccalauréat a été organisé par l’arrêté du 1/4/1963 puis modifié par les arrêtés
du 15/4/1964 et du 24/5/1965. L’examen du DFESN a été organisé par l’arrêté du 5/4/1963 puis modifié par l’arrêté du 15/4/1964. L’examen probatoire du DFESN a été organisé par l’arrêté du 21/11/1963 puis modifié par l’arrêté du 16/3/1965. |
À l’analyse de cette période, on
remarque :
- Que tous
les diplômes prévus par la loi de 1958 ont été créés et réglementés, à
l’exception du « certificat d’aptitude » délivré à la quatrième année de
l’enseignement préparatoire prolongé, ce qui indique que cette mesure n’a
pas été mise en œuvre et que le système n’en avait pas besoin.
- Que certaines désignations de diplômes nouvellement instaurés ne
correspondaient pas à celles prévues par la loi de 1958, comme le «
certificat d’études commerciales » et le « Brevet d’enseignement
industriel », rebaptisés respectivement « qualification technique de
l’enseignement commercial » et « qualification technique de l’enseignement
industriel ».
- Que le cycle primaire se termine par deux examens nationaux : le
certificat de fin d’études primaires et le concours d’entrée en
secondaire, tandis que le cycle préparatoire est sanctionné par un examen
national scolaire appelé « qualification d’enseignement préparatoire ».
- Que les filières économiques et industrielles de l’enseignement
secondaire se terminent chacune par deux examens : la « qualification
technique de l’enseignement commercial » (en deux degrés) et la «
qualification technique de l’enseignement industriel » (en deux degrés
également).
- Que l’examen du baccalauréat de l’enseignement secondaire général est
resté régi par le décret de création du 17 avril 1957 et par la décision
organisationnelle du même jour, jusqu’à la session de 1962.
Extrait choisi
et traduit par Mongi Akrout, inspecteur général de l’éducation (1er
extrait)
Pour accéder àla version Arabe ; Cliquer ICI.
[1] L’école tunisienne a hérité un système des examens
de la période du protectorat français (1881-1956) constitué de 4 examens finaux
qui étaient : le certificat de fin d’études primaires, l’examen de
sixième, le Brevet élémentaire d’enseignement secondaire et le baccalauréat.

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