L'école publique tunisienne compte 78800 enseignants
et enseignantes qui encadrent 1.770.000 élèves, selon le Ministre de
l'éducation lors de la conférence de presse tenue le 11 octobre 2019 à
l'occasion de la rentrée scolaire 2019/2020.
Avec cet
effectif, le corps enseignant de l'école primaire constitue le plus important
corps dans la fonction publique, il remplit une mission d'une grande importance
celle d'assurer l'éducation et l'instruction des générations de l'avenir.
Pour cette raison, le blog pédagogique a voulu honorer
ce corps en essayant d'étudier son évolution
depuis le XIX ème siècle jusqu'à nos jours.
Chapitre premier : les catégories d'enseignants à travers l'histoire.
Le cadre enseignant des écoles primaires a connu une profonde
évolution dans sa composition entre le XIXème siècle et aujourd'hui , en effet, alors qu'il ne se
constituait que d'une seule et unique catégorie avant l'instauration du
protectorat celle des Moueddebs, le corps s'est diversifié petit à petit,
aujourd'hui , il compte quatre
catégories ( instituteur, instituteur
principal, maitre d'application et
professeur d'école primaire), actuellement le corps tend vers l'uniformisation,
puisque la totalité du corps sera constituée par des professeurs d'école primaire, les autres
catégories vont disparaitre par le jeu des promotions professionnelles ou par
la voie des diplômes universitaires.
1- Période avant l'instauration du Protectorat
Pendant cette période, il n'y
avait pas un corps structuré et organisé, car il n'y avait pas de système
éducatif complet et organisé en Tunisie. L'éducation des enfants était plutôt
une affaire de famille, donc la famille confiait ses garçons à une personne qui connait le
Coran pour leur apprendre le Saint Coran et les bases élémentaires de la religion musulmane.
a) Une
catégorie unique : le Moueddeb
Le corps enseignant du primaire était constitué par les Mouedebs qui apprenaient aux garçons à réciter le Coran et à l'écrire dans un Koutteb , un mesdjed [1], un djamaa [2],une zaouïa [3] ou une mederça [4], Khairallah Ben Mustapha en a fait une description détaillée peu élogieuse dans un rapport qu'il a présenté en 1908 au congrès de l'Afrique du Nord, on y lit ce ci « le mouebbed ou éducateur venu de l'intérieur, de l'Algérie ou du Maroc, il sait par cœur tout le Coran qu'il a étudié sans le comprendre et qu'il enseigne sans pouvoir l'expliquer. Il jouit du respect de tous, car il est « Hamel Kitab Allah » (porteur du livre de Dieu)[5].
Nous ne disposons pas de statistiques précises
relatives à cette période, tout ce dont
nous disposons ne sont que des estimations remontant à l'année 1875 lorsque le
gouvernement Bey avait demandé aux Caïds des différentes régions un rapport sur l'état de l'enseignement dans leurs régions, Il s'est avéré que seuls
14.000 garçons suivaient les cours dans les Kouttebs, à raison de 20 élèves en
moyenne par Koutteb, ce qui nous donne environ à peu près 700 kouttebs et
autant de Moueddebs puisque chaque
Koutteb est dirigé par un seul Moueddeb, l'enquête a révélé que la majorité des Moueddebs qui
avaient la charge d'éduquer les enfants
n'avaient pas les qualifications
nécessaires pour le métier d'enseignant.
b) Le
métier de Moueddeb : une profession
libérale
Les kouttabs n’étaient pas des institutions de l’État, et le Moueddeb n’était pas un fonctionnaire de l'état , c’était une profession libérale exercée par ceux qui ont appris le livre saint du Coran , c'était la seule condition pour faire ce métier jusqu'en 1876[6] date à laquelle le gouvernement avait publié un décret qui fixe les conditions de l'exercice de la profession de Moueddeb, désormais les candidats devraient être inscrits et devraient présenter une attestation délivrée par les parents qui stipule qu'ils acceptent le candidat ou une attestation délivrée par la "corporation des Moueddebs". Ce fut le début de l'organisation de la profession qui va se poursuivre au cours la période suivante avec les initiatives de la Direction de l'instruction publique mise en place par le protectorat, puis avec l'État de l'indépendance.
2- Période du protectorat: la période
d'organisation du cadre enseignant
Avec l'occupation française de la Tunisie en 1881 et l'installation de nombreux Français dans le pays, parmi les fonctionnaires, les soldats et les colons, la nouvelle direction de l'instruction publique a ouvert des écoles primaires publiques françaises puis des écoles publiques franco-arabes pour accueillir les jeunes français , en plus des écoles primaires privées qui existaient bien avant la période coloniale. Cette multiplication des établissements scolaires a eu pour conséquence l'augmentation du nombre d'enseignants et leur diversification. Cette période coïncide avec la mise en place d'une organisation du cadre enseignant sur le modèle français qui a touché les domaines de la formation initiale, du recrutement, de la titularisation et de la promotion.
Le cadre enseignant dans l'enseignement primaire public: 4167 institutrices et instituteurs en 1952.
La création d'écoles primaires publiques a commencé avec la mise en place de la direction de l'instruction publique en 1884 parallèlement avec l'afflux de la colonie Française en Tunisie. Le nombre d'instituteurs de l'enseignement public au cours de la première décennie était modeste et il ne dépassait pas 287 enseignants en 1890. (221 Français et 57 tunisiens). 35 ans après (en 1925), leur nombre atteint 1278, répartis comme indiqué dans le tableau suivant:
Composition
du corps enseignant dans le primaire relevant de la DIP en 1925
|
catégorie |
Nombre |
pourcentage |
|
Enseignants
de français
|
||
|
Institutrices
et instituteurs français détachés en Tunisie |
449 |
35,13% |
|
Institutrices
et instituteurs français locaux |
563 |
44,05% |
|
Institutrices
et instituteurs tunisiens |
75 |
5,87% |
|
Total
enseignant de français |
1087 |
85,05% |
|
Enseignants
de langue arabe |
Nombre |
pourcentage |
|
Al
moudarrissouns |
60 |
4,69% |
|
Al
Mouaddibouns |
131 |
10,25% |
|
Total
enseignants de langue arabe |
191 |
14,95% |
|
Total
enseignants |
1278 |
|
L'effectif des instituteurs et des institutrices a
continué a augmenté pour atteindre 4167
en 1952, et 5125 à la rentrée 1955/56 (année de l'autonomie interne)
dont 3647 tunisiens et 1478 français.
Les catégories d'enseignants du primaire sous le
protectorat
Avec l'augmentation des besoins des écoles primaires, le corps enseignant s'est diversifié, ainsi en 1953 on trouvait les catégories suivantes:[7]
a) Les instituteurs : cette catégorie d'enseignants est arrivée en Tunisie avec le protectorat, on les appelle aussi les maître de l'enseignement primaire, il s'agit de personnes qui possèdent " un brevet de capacité obtenu après le succès à un examen.... C'est le seul diplôme qui ouvre aux carrières de l’enseignement primaire et certifie un ensemble de savoirs constitutifs d’une culture primaire" … il existait deux brevets de capacité pour l'enseignement primaire : le brevet élémentaire et le brevet supérieur. Le premier est le seul titre requis pour enseigner dans un établissement quelconque d'enseignement primaire public ou privé. Le second confère aux maîtres et maîtresses qui en sont pourvus certains privilèges, tels que l'accès aux deux premières classes de traitement, la nomination aux fonctions d'adjoint ou d'adjointe dans les écoles primaires supérieures et dans les écoles d'application annexées aux écoles normales…"[8].
Il faudrait préciser que l'on trouve deux groupes
d'instituteurs : celui des instituteurs de l'enseignement général et celui des
instituteurs de l'enseignement technique et manuel.
b) Les moniteurs
Le tableau précédent
relatif à la composition des enseignants exerçant en 1925 n'évoque pas
cette catégorie d'enseignants, mais nous
le trouvons dans le règlement scolaire
du 20 décembre 1886 et dans les décrets beylicaux des années trente ainsi
que dans un document officiel qui
remonte à 1951[9] , tous
ces documents citent les moniteurs parmi les enseignants des écoles primaires, le document parle de moniteurs d’enseignement général
premier ordre , de moniteurs d’enseignement général deuxième ordre et de
moniteurs d’enseignement manuel et professionnel, seulement nous n'avons pas
trouvé de données ni sur leur nombre ni sur leur importance dans le corps. En
revenant à la littérature [10]
[11], et au règlement scolaire de 1889, nous avons
pu nous faire une idée sur les moniteurs et sur leurs rôles à l'école primaire,
il s'avère que le concept est apparu en Angleterre dans le cadre de
l'enseignement mutuel ou l'école
mutuelle où l'instituteur avait pris
l'habitude de recourir à l'aide de quelques élèves parmi les plus âgés et les
plus doués pour pouvoir gérer le grand nombre d'élèves, donc "au sens
technique scolaire, moniteur, d'après la définition de l'Académie, se dit, dans les écoles
d'enseignement mutuel, de l'élève chargé d'instruire un certain nombre de ses
condisciples». Et, en effet, l'enseignement mutuel, que ses fondateurs anglais
appelaient monitorial system, avait fait de l'emploi des
moniteurs une véritable institution ; l'école mutuelle substituait à l'action
directe du maître sur ses écoliers, que supposent les autres modes scolaires,
l'action directe et presque exclusive du moniteur sur ses camarades plus jeunes
ou moins avancés. Il est tellement naturel qu'un maître surchargé ou empêché
cherche, pour le suppléer auprès des enfants qui lui échappent, l'aide d'un «
grand » plus ou moins autorisé par son âge et par son savoir.»[12]
Le règlement scolaire de 1886 va dans ce sens puisqu'il stipule
que « l'emploi des moniteurs est soumis à une condition: pour l'ensemble des
matières ou pour une seule des matières du programme, un moniteur ne doit
jamais suppléer entièrement le maître ; c'est-à-dire qu'un cours quelconque de
l'école ne peut être complètement confié à un moniteur, soit pour l'ensemble,
soit seulement pour une partie du programme. Le plus souvent possible, mais au
moins une fois par jour, le maître doit s'occuper spécialement et directement
des élèves habituellement confiés au moniteur, et cela pour chacune des études
les plus importantes.»[13]
Mais plus tard, le moniteur est devenu un fonctionnaire à part entière
rémunéré qui remplit une fonction entière d'enseignement d'une manière autonome
et sans le patronage d'un autre instituteur titulaire.
c) Al Mouderrissoun :
Ce sont les diplômés de la section arabe de l'école
normale des instituteurs de Tunis[14]
qui ont suivi - comme leurs collègues de la section française- une formation de
4 ans dont les trois premières années pour la formation générale bilingue sanctionnées par le diplôme d'études générale et dont la quatrième
année est consacrée à la formation professionnelle théorique et pratique
à l'école d'application . A sa sortie, Al Mouderrès est affecté dans une
école franco arabe pour enseigner dans
les deux langues s'il est provient de la sous-section bilingue -A- ou pour enseigner l'arabe uniquement, s'il
est sorti de la sous-section unilingue
arabe - B -.
Il
faudrait signaler qu'au début, la section arabe n'attirait pas beaucoup
de candidats, ils ne dépassaient guère 8 élèves par promotion jusqu'en 1946, par
la suite, ce nombre devrait atteindra au cours des années cinquante environ 40
élèves par promotion autant que le nombre
d'élèves inscrits dans la section française.[15]
Voilà ce qu'écrivait
Benjamin Buisson à propos de cette
section:« les candidats, qui doivent
déjà posséder une instruction assez avancée en arabe pour subir le concours
d'entrée, reçoivent à Alaoui un enseignement mi-partie arabe et mi-partie
français. Ces jeunes gens seront ainsi en mesure, à leur sortie, de donner aux
élèves indigènes, soit dans les kouttabs, soit dans les écoles franco-arabes,
un enseignement de la langue arabe plus méthodique, avec des clartés sur les
découvertes de la science et sur les progrès de la civilisation moderne. Ils
pourront même être utilisés, au besoin, comme auxiliaires pour l'enseignement
des éléments du français (langage et lecture) dans les classes élémentaires
d'enfants indigènes. On comprend
quelle différence il y aura entre ces maîtres indigènes ayant séjourné
plusieurs années avec des élèves-maîtres d'école normale, suivi des cours de
pédagogie faits en arabe, assisté aux exercices pratiques d'agriculture, appris
la gymnastique suédoise[16],
l'hygiène et même un peu de travail manuel, et les
anciens moueddebs ou mouderrès n'ayant fréquenté que les mosquées
et les zaouias, c'est-à-dire ne connaissant que des milieux plus ou
moins superstitieux, sinon fanatiques»[17]
d) Les Moueddebs : L'instauration du
protectorat n'a pas empêché les
Moueddebs de continuer à enseigner dans les Kouttebs , la direction de l'instruction
publique a même recruté quelques uns parmi eux pour enseigner le Coran aux
élèves tunisiens musulmans qui fréquentaient les écoles franco-arabes, en 1925
ils étaient 125 ce qui représentait 10,25% de l'ensemble des maitres exerçant
dans les écoles publiques, quant à ceux qui s'occupaient des Kouttebs, ils ont
vu leur effectif augmenter d'une façon régulière parce que d'une part une
grande partie de la population est
restée très attachée à cette institution et
d'autre part les autorités coloniales étaient favorables à son maintien
, ainsi selon certaines estimations , le nombre des Moueddebs aurait
atteint le chiffre de 1283 en 1913 (
voir tableau ci-dessous).
|
Effectifs d'élèves Musulmans dans les écoles publiques |
Nb d'élèves |
Nb de Moueddebs |
Nb de Kouttabs |
année |
|
1701 |
17361 |
978 |
971 |
1889 |
|
6165 |
20254 |
1248 |
1245 |
1906 |
|
4993 |
20254 |
1245 |
1245 |
1908 |
|
6582 |
23100 |
1310 |
1300 |
1909 |
|
10807 |
22636 |
1283 |
1273 |
1913 |
|
63240 |
36270 |
-------- |
1794 |
1948 |
|
124071 |
30-40 000 |
---------- |
1500/2000 |
1953 |
La DIP a cherché à
encadrer le corps des Moueddebs , elle a encouragé la création d'une école
spécialisée pour leur formation , cette école a ouvert ses portes en 1894, c'était El
Méderça-Ettaadibia connue aussi sous le nom
El Méderça Al Asfourya, qui a été conçue pour former les Moueddebs et les maîtres de langue arabe dont la DIP
avait besoin pour les écoles franco-arabes, en plus des Kouttebs. La durée des
études était de cinq ans, l'enseignement
qui y était donné est bilingue, cependant l'arabe était prépondérant, les programmes de l'école comprenaient
l'apprentissage du Coran, sa psalmodie et
son écriture, la théodicée, les pratiques du Culte, la
langue arabe (grammaire, la littérature, la calligraphie), l'arithmétique et le
système métrique, l'histoire et la géographie de la Tunisie, la langue
française. (Article 5 du décret portant création de la Méderça-Ettaadibia, du 11 Jumada
al-awal 1312; le 8 novembre 1894).
Le
projet n'a pas eu le succès souhaité, car il n'a pas été conçue sur des bases
solides, c'était une réponse à la
pression des prépondérants et pour faire
plaisir aux conservateurs tunisiens et
non à une véritable volonté de faire évoluer
l'enseignement traditionnel en Tunisie, plusieurs anomalies de fonctionnement ont conduit à son
échec , ainsi l'effectif de ses élèves était très réduit , il n'en sortait «pas plus de cinq enseignants par an, depuis
sa création, l'école n'a formé que 73 enseignants, dont 25 seulement ont opté
pour l'enseignement, répartis entre les écoles publiques (17) et privées (8
)" selon un rapport préparé par Khairallah
Ben Mustafa en 1908, devant cette situation plusieurs voix se sont élevées pour demander
que la formation des enseignants de la
langue arabe soit rattachée à l'école Alaouite, le Conseil de l'instruction publique
en a pris la décision , et à partir de l'année 1910 la formation des
Mouderrissouns (nom donné aux instituteurs de langue arabe) est assurée par
l'école normale de Tunis (l'école
Alaouite) selon le même système appliqué dans la formation des instituteurs de
la langue française, le projet de la
formation des Moueddebs fut donc abandonné, elle est laissée aux soins de la mosquée Zaytouna.
En se
référant à la nouvelle loi relative aux écoles coraniques modernes du 28 juin
1938, nous notons qu'aucun « diplôme
n'était exigé pour les instituteurs chargés d'enseigner le Saint Coran dans ces écoles, mais ils doivent
présenter la preuve qu'ils connaissent tout le coran par cœur et
qu'ils savent l'écrire et ce en passant un examen devant une commission constituée
à cet effet et présidée par l'inspecteur des écoles coranique. Cet examen est ouvert à
tous les candidats actuels et ceux qui devraient être
proposés pour enseigner le Coran dans les écoles coraniques modernes ;
celui qui est reconnu comme qualifié par la commission reçoit un certificat signé par le directeur
de l'enseignement public.» (art 3. décret de 1938).
Il faut
attendre 1944 pour qu'un nouveau décret fixe de nouvelles
conditions pour les Moueddebs qui postulent pour enseigner le Coran dans
une école coranique moderne, le nouveau décret
exige le diplôme d'Et-Tatouia ou Et-Tahcil en psalmodie
délivrés par la grande Mosquée, mais il laisse la porte ouverte devant
ceux qui n'ont aucun diplôme, pour ces derniers, les conditions de 1938
sont reconduites avec quelques
modifications , ils doivent justifier de
leur connaissance du coran et de son
orthographe, en réussissant un examen probatoire devant une commission, les
candidats reconnus aptes recevront sur proposition de l'inspecteur des écoles
coraniques modernes , président de la commission , un certificat de
connaissance du Coran. signé par le grand Cheikh de la grande Mosquée et visé
par le premier Ministre et le Directeur de l'instruction publique ( art 12 -
décret de 1944).
En plus de ces quatre grandes catégories d'enseignants (Instituteur, moniteurs, Mouderrès, Moueddebs), la direction de l'instruction publique employait une autre catégorie chargée de l'enseignement professionnel et manuel , il s'agit des maîtres ouvriers et maîtresses-ouvrières (moallemates) d'enseignement manuel et professionnel des écoles primaires élémentaires.
Le cadre enseignant des écoles coraniques modernes.
Au début du XXe siècle, une nouvelle catégorie d'écoles privées a commencé à se répandre, ce sont les écoles coraniques modernes, leur nombre est passé à 186 en 1954, employant 897 enseignants. En se référant à l'article 2 du décret du 15 octobre 1953 (6 Safar1373) relatif à la loi fondamentale des écoles coraniques modernes, nous relevons que les enseignants travaillant dans ces écoles coraniques sont constitués de deux grandes catégories : les instituteurs et les moniteurs de premier et de deuxième ordre qui peuvent avoir le statut de titulaire, de temporaire ou de suppléant.
Le
décret de 1944 a réglementé les diplômes
et les titres nécessaires pour postuler à un poste d'enseignant dans ces
écoles, c'est ainsi que pour:
- les instituteurs et les institutrices de langue arabe sont recrutés parmi les titulaires du diplôme
Attatwii ou Attahcil en sciences islamiques ou brevet supérieur de la langue et
la littérature arabes - le diplôme d'enseignement secondaire Sadikien- le
diplôme de fin d'étude de l'école normale
(section tunisienne), le brevet d'arabe. (art 10).
- les instituteurs
et les institutrices de langue française
sont recrutés parmi les titulaires du brevet supérieur de la langue et
la littérature arabes le diplôme d'enseignement secondaire Sadikien - la
première partie du baccalauréat - le brevet élémentaire ou le brevet élémentaire
supérieur - le diplôme des études classiques ou modernes - le brevet d'arabe.
(art 11).
-
les instituteurs du Coran : ils sont
recrutés parmi les titulaires du diplôme Attatwii ou Attahcil en psalmodie ou
avoir un certificat de connaissance du Coran (art 12).
Fin de la première partie. A suivre
Elaboré par Mongi Akrout inspecteur
général de l’éducation.
Tunis-juin 2025.
Pour accéder à la version arabe cliquer ici.
[1] Mosquée.
[2] Mosquée.
[3] Mausolée élevé sur la tombe d'un saint ( Marabout).
[4] Foyers pour les étudiants qui suivaient
leurs études à la grande Mosquée Azzaitouna.
[5]
Khairallah Mustapha ( 1908) L'enseignement primaire des indigènes en Tunisie. Rapport présenté au Congrès de l'Afrique du Nord, tenu à Paris, du 6 au 10
octobre 1908.
[6]
Ayachi,M. « Le koutteb
a connu le 23 janvier 1876 le premier décret règlementant leur
fonctionnement fixant notamment les
conditions minimales pour les candidatures d'enseignement dans ces institutions"
[7] Bulletin Officielle de l'instruction publique - N° 5 - Janvier, février, mars 1952.
[8] http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2218
[9] Bulletin Officielle de l'instruction publique - N° 5 - Janvier, février, mars 1952
[10] http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2218
[11]
Lesage,
Pierre. la
pédagogie dans les écoles mutuelles au XIXe siècle.
http://ife.ens-lyon.fr/publications/edition-electronique/revue-francaise-de-pedagogie/INRP_RF031_6.pdf
[12] http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2926
[13] Règlement
Scolaire, Fait à Tunis le 20 Décembre
1886. Bulletin
officiel de l'enseignement public n° 2. 15
janvier1887, Année 1,
[14] La section des maîtres d'arabe ou mouderrès
a intégré l'école normale des
instituteurs de Tunis en 1910 pour remplacer al-madrasaat-ta'dïbiyya.
[15] Mandard, R. Directeur de l'Ecole Normale
d’instituteurs de Tunis. L’Ecole Normale d’instituteurs de Tunis. Bulletin Economique Et Social De La Tunisie (Février 1954)


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