dimanche 4 octobre 2026

Brève histoire du corps enseignant de l'école primaire de la Tunisie. Première partie : avant l'instauration du Protectorat et pendant le protectorat

  


Fondateurs de l'école Al Faleh-sfax

Cette première partie  retrace l'évolution du corps enseignant des écoles primaires en Tunisie, de la période précédant le protectorat à celle de l'organisation sous l'administration coloniale. Avant le protectorat, l'enseignement primaire était limité aux kouttabs, dirigés par les Moueddebs, des éducateurs non formés officiellement, qui enseignaient principalement le Coran.

Sous le protectorat, une organisation progressive du corps enseignant a eu lieu, influencée par le modèle français, avec la création d'écoles publiques, d’écoles franco-arabes et d’écoles coraniques modernes. Différentes catégories d'enseignants ont émergé : instituteurs, moniteurs, Mouderrissoun et Moueddebs. Les qualifications nécessaires ont été progressivement réglementées pour améliorer la qualité de l’enseignement. Cependant, des disparités sont demeurées entre enseignants de langues française et arabe, reflétant les priorités éducatives de l’époque coloniale.

 


L'école publique tunisienne compte 78800 enseignants et enseignantes qui encadrent 1.770.000 élèves, selon le Ministre de l'éducation lors de la conférence de presse tenue le 11 octobre 2019 à l'occasion de la rentrée scolaire 2019/2020.

 Avec cet effectif, le corps enseignant de l'école primaire constitue le plus important corps dans la fonction publique, il remplit une mission d'une grande importance celle d'assurer l'éducation et l'instruction des générations de l'avenir.

Pour cette raison, le blog pédagogique a voulu honorer ce corps en essayant d'étudier son évolution  depuis le XIX ème siècle jusqu'à nos jours.

Chapitre premier : les catégories d'enseignants à travers l'histoire.

Le cadre enseignant des  écoles primaires a connu une profonde évolution dans sa composition entre le XIXème siècle et  aujourd'hui , en effet, alors qu'il ne se constituait que d'une seule et unique catégorie avant l'instauration du protectorat celle des Moueddebs, le corps s'est diversifié petit à petit, aujourd'hui , il compte  quatre catégories  ( instituteur, instituteur principal, maitre d'application  et professeur d'école primaire), actuellement le corps tend vers l'uniformisation, puisque la totalité du corps sera constituée par  des professeurs d'école primaire, les autres catégories vont disparaitre par le jeu des promotions professionnelles ou par la voie des diplômes universitaires.

1- Période avant l'instauration du Protectorat

Pendant cette période, il n'y avait pas un corps structuré et organisé, car il n'y avait pas de système éducatif complet et organisé en Tunisie. L'éducation des enfants était plutôt une affaire de famille, donc la famille confiait  ses garçons à une personne qui connait le Coran pour leur apprendre le Saint Coran et les bases élémentaires  de la religion musulmane.

a)   Une catégorie unique : le Moueddeb

Le corps enseignant  du primaire était constitué par les Mouedebs  qui apprenaient aux garçons  à réciter le Coran et à l'écrire  dans un Koutteb , un mesdjed [1], un djamaa [2],une zaouïa  [3] ou une mederça [4],  Khairallah Ben Mustapha en a fait une description détaillée peu élogieuse dans un rapport qu'il a présenté en 1908 au congrès de l'Afrique du Nord, on y lit ce ci  « le mouebbed ou éducateur  venu de l'intérieur, de l'Algérie ou du Maroc, il sait par cœur tout le Coran qu'il a étudié sans le comprendre et qu'il enseigne sans pouvoir l'expliquer. Il jouit du respect de tous, car il est « Hamel Kitab Allah » (porteur du livre de Dieu)[5].

 Nous ne disposons pas de statistiques précises relatives à cette période, tout  ce dont nous disposons ne sont que des estimations remontant à l'année 1875 lorsque le gouvernement Bey avait demandé aux Caïds des différentes régions  un rapport sur l'état de l'enseignement  dans leurs régions, Il s'est avéré que seuls 14.000 garçons suivaient les cours dans les Kouttebs, à raison de 20 élèves en moyenne par Koutteb, ce qui nous donne environ à peu près 700 kouttebs et autant de Moueddebs  puisque chaque Koutteb est dirigé par un seul Moueddeb, l'enquête  a révélé que la majorité des Moueddebs qui avaient la charge d'éduquer les enfants  n'avaient  pas les qualifications nécessaires pour le métier d'enseignant.


b)  Le métier de  Moueddeb : une profession libérale

Les kouttabs n’étaient pas des institutions de l’État, et le Moueddeb n’était pas un fonctionnaire  de  l'état , c’était une profession libérale exercée par ceux qui ont appris le livre saint du Coran , c'était la seule condition pour faire ce métier jusqu'en 1876[6] date à laquelle le gouvernement avait publié un décret qui fixe les conditions de l'exercice de la profession de Moueddeb, désormais les candidats devraient être inscrits et devraient présenter une attestation délivrée par les  parents  qui  stipule qu'ils acceptent  le candidat  ou une attestation  délivrée par la "corporation des Moueddebs". Ce fut le début de l'organisation de la profession qui  va se poursuivre au cours  la période suivante avec les initiatives de la Direction de  l'instruction publique mise en place par le  protectorat, puis avec l'État de l'indépendance.

2- Période du protectorat: la période d'organisation du cadre enseignant

Avec l'occupation française de  la Tunisie en 1881 et l'installation de nombreux Français dans le pays, parmi les fonctionnaires, les soldats et les colons,  la nouvelle direction de l'instruction publique  a ouvert des écoles primaires publiques françaises puis des écoles publiques franco-arabes pour accueillir les jeunes français , en plus des écoles primaires privées qui existaient bien avant la période coloniale. Cette multiplication des établissements scolaires a eu pour  conséquence l'augmentation du  nombre d'enseignants  et leur diversification. Cette période  coïncide avec la mise en place d'une organisation du cadre enseignant  sur le modèle français  qui a touché les domaines de la formation initiale, du recrutement, de la titularisation et de la promotion.

Le cadre enseignant dans l'enseignement primaire public: 4167 institutrices et instituteurs en 1952.

La création d'écoles primaires publiques a commencé avec la mise en place de la direction de l'instruction publique en 1884  parallèlement avec l'afflux de la colonie  Française en Tunisie. Le nombre d'instituteurs de l'enseignement public au cours de la première décennie était modeste et il ne dépassait pas 287 enseignants en 1890. (221 Français et 57 tunisiens).  35 ans après (en 1925), leur nombre atteint 1278, répartis comme indiqué dans le tableau suivant:

Composition du corps enseignant dans le primaire relevant de la DIP en 1925

 

catégorie

Nombre

pourcentage

Enseignants de français

Institutrices et instituteurs français détachés en Tunisie

449

35,13%

Institutrices et instituteurs français locaux

563

44,05%

Institutrices et instituteurs tunisiens

75

5,87%

Total enseignant de français

1087

85,05%

Enseignants de langue arabe

Nombre

pourcentage

Al moudarrissouns

60

4,69%

Al Mouaddibouns

131

10,25%

Total enseignants de langue arabe

191

14,95%

Total enseignants

1278

 

 

L'effectif des instituteurs et des institutrices a continué a augmenté pour atteindre 4167  en 1952, et 5125 à la rentrée 1955/56 (année de l'autonomie interne) dont  3647 tunisiens et 1478 français.


Les catégories d'enseignants du primaire sous le protectorat

Avec l'augmentation des besoins des écoles primaires, le corps enseignant s'est diversifié, ainsi en 1953 on trouvait les catégories suivantes:[7]

a)   Les instituteurs : cette catégorie d'enseignants est arrivée en Tunisie avec le protectorat,  on les appelle aussi  les maître de l'enseignement primaire,  il s'agit de personnes qui possèdent " un brevet de capacité obtenu après le succès à un examen.... C'est le seul diplôme qui ouvre aux carrières de l’enseignement primaire et certifie un ensemble de savoirs constitutifs d’une culture primaire" … il existait deux brevets de capacité pour l'enseignement primaire : le brevet élémentaire et le brevet supérieur. Le premier est le seul titre requis pour enseigner dans un établissement quelconque d'enseignement primaire public ou privé. Le second confère aux maîtres et maîtresses qui en sont pourvus certains privilèges, tels que l'accès aux deux premières classes de traitement, la nomination aux fonctions d'adjoint ou d'adjointe dans les écoles primaires supérieures et dans les écoles d'application annexées aux écoles normales…"[8].

Il faudrait préciser que l'on trouve deux groupes d'instituteurs : celui des instituteurs de l'enseignement général et celui des instituteurs de l'enseignement technique et manuel.

b)  Les moniteurs

Le tableau précédent  relatif à la composition des enseignants exerçant en 1925 n'évoque pas cette  catégorie d'enseignants, mais nous le trouvons  dans le règlement scolaire du 20 décembre 1886 et dans les décrets beylicaux des années trente ainsi que  dans un document officiel qui remonte à 1951[9] , tous ces documents citent les moniteurs parmi les enseignants  des écoles primaires, le document  parle de moniteurs d’enseignement général premier ordre , de moniteurs d’enseignement général deuxième ordre  et  de moniteurs d’enseignement manuel et professionnel, seulement nous n'avons pas trouvé de données ni sur leur nombre ni sur leur importance dans le corps. En revenant à la littérature [10] [11],  et au règlement scolaire de 1889, nous avons pu nous faire une idée sur les moniteurs et sur leurs rôles à l'école primaire, il s'avère que le concept est apparu en Angleterre dans le cadre de l'enseignement mutuel  ou l'école mutuelle où l'instituteur  avait pris l'habitude de recourir à l'aide de quelques élèves parmi les plus âgés et les plus doués pour pouvoir gérer le grand nombre d'élèves, donc "au  sens technique scolaire, moniteur, d'après la définition de l'Académie, se dit, dans les écoles d'enseignement mutuel, de l'élève chargé d'instruire un certain nombre de ses condisciples». Et, en effet, l'enseignement mutuel, que ses fondateurs anglais appelaient monitorial system, avait fait de l'emploi des moniteurs une véritable institution ; l'école mutuelle substituait à l'action directe du maître sur ses écoliers, que supposent les autres modes scolaires, l'action directe et presque exclusive du moniteur sur ses camarades plus jeunes ou moins avancés. Il est tellement naturel qu'un maître surchargé ou empêché cherche, pour le suppléer auprès des enfants qui lui échappent, l'aide d'un « grand » plus ou moins autorisé par son âge et par son savoir.»[12]

Le règlement scolaire de 1886 va dans ce sens puisqu'il stipule que « l'emploi des moniteurs est soumis à une condition: pour l'ensemble des matières ou pour une seule des matières du programme, un moniteur ne doit jamais suppléer entièrement le maître ; c'est-à-dire qu'un cours quelconque de l'école ne peut être complètement confié à un moniteur, soit pour l'ensemble, soit seulement pour une partie du programme. Le plus souvent possible, mais au moins une fois par jour, le maître doit s'occuper spécialement et directement des élèves habituellement confiés au moniteur, et cela pour chacune des études les plus importantes.»[13]

Mais  plus tard,  le moniteur est  devenu un fonctionnaire à part entière rémunéré qui remplit une fonction entière d'enseignement d'une manière autonome et sans le patronage d'un autre instituteur titulaire.

c)   Al Mouderrissoun :  Ce sont les diplômés de la section arabe de l'école normale des instituteurs de Tunis[14] qui ont suivi - comme leurs collègues de la section française- une formation de 4 ans dont les trois premières années pour la formation générale bilingue  sanctionnées par  le diplôme d'études générale et dont la quatrième année est consacrée à la formation professionnelle théorique  et pratique  à l'école d'application . A sa sortie, Al Mouderrès est affecté dans une école franco arabe pour enseigner  dans les deux langues s'il est provient de la sous-section bilingue -A-  ou pour enseigner l'arabe uniquement, s'il est sorti de la sous-section unilingue  arabe - B -.

Il faudrait signaler qu'au début, la section arabe n'attirait pas beaucoup de candidats, ils ne dépassaient guère 8 élèves par promotion jusqu'en 1946, par la suite, ce nombre devrait atteindra au cours des années cinquante environ 40 élèves par promotion autant que le nombre  d'élèves inscrits dans la section française.[15]

 Voilà ce qu'écrivait Benjamin Buisson à propos de  cette section:« les candidats, qui doivent déjà posséder une instruction assez avancée en arabe pour subir le concours d'entrée, reçoivent à Alaoui un enseignement mi-partie arabe et mi-partie français. Ces jeunes gens seront ainsi en mesure, à leur sortie, de donner aux élèves indigènes, soit dans les kouttabs, soit dans les écoles franco-arabes, un enseignement de la langue arabe plus méthodique, avec des clartés sur les découvertes de la science et sur les progrès de la civilisation moderne. Ils pourront même être utilisés, au besoin, comme auxiliaires pour l'enseignement des éléments du français (langage et lecture) dans les classes élémentaires d'enfants indigènes. On comprend quelle différence il y aura entre ces maîtres indigènes ayant séjourné plusieurs années avec des élèves-maîtres d'école normale, suivi des cours de pédagogie faits en arabe, assisté aux exercices pratiques d'agriculture, appris la gymnastique suédoise[16], l'hygiène et même un peu de travail manuel, et les anciens moueddebs ou mouderrès n'ayant fréquenté que les mosquées et les zaouias, c'est-à-dire ne connaissant que des milieux plus ou moins superstitieux, sinon fanatiques»[17]

d)   Les Moueddebs : L'instauration  du protectorat n'a pas empêché  les Moueddebs de continuer à enseigner dans les Kouttebs , la direction de l'instruction publique a même recruté quelques uns parmi eux pour enseigner le Coran aux élèves tunisiens musulmans qui fréquentaient les écoles franco-arabes, en 1925 ils étaient 125 ce qui représentait 10,25% de l'ensemble des maitres exerçant dans les écoles publiques, quant à ceux qui s'occupaient des Kouttebs, ils ont vu leur effectif augmenter d'une façon régulière parce que d'une part une grande partie de la population   est restée très attachée à cette institution et  d'autre part les autorités coloniales étaient favorables à son maintien , ainsi selon certaines estimations , le nombre des Moueddebs aurait atteint  le chiffre de 1283 en 1913 ( voir tableau ci-dessous).

 

Effectifs d'élèves

Musulmans dans

 les écoles publiques

Nb d'élèves

Nb de Moueddebs

Nb de Kouttabs

année

1701

17361

978

971

1889

6165

20254

1248

1245

1906

4993

20254

1245

1245

1908

6582

23100

1310

1300

1909

10807

22636

1283

1273

1913

63240

36270

--------

1794

1948

124071

30-40 000

----------

1500/2000

1953


La DIP  a cherché à encadrer le corps des Moueddebs , elle a encouragé la création d'une école spécialisée pour leur formation , cette école  a ouvert ses portes en 1894, c'était El Méderça-Ettaadibia connue aussi sous le nom   El Méderça Al Asfourya, qui a été conçue pour former les Moueddebs  et les maîtres de langue arabe dont la DIP avait besoin pour les écoles franco-arabes, en plus des Kouttebs. La durée des études était de cinq ans, l'enseignement  qui  y était donné  est bilingue, cependant  l'arabe était prépondérant,  les programmes de l'école comprenaient l'apprentissage du Coran, sa psalmodie et  son écriture, la théodicée, les pratiques du Culte, la langue arabe (grammaire, la littérature, la calligraphie), l'arithmétique et le système métrique, l'histoire et la géographie de la Tunisie, la langue française. (Article 5 du décret portant création  de la Méderça-Ettaadibia, du 11 Jumada al-awal 1312; le 8 novembre 1894).

 

Le projet n'a pas eu le succès souhaité, car il n'a pas été conçue sur des bases solides, c'était une  réponse à la pression des prépondérants  et pour faire plaisir aux conservateurs tunisiens  et non à une véritable volonté de faire évoluer  l'enseignement traditionnel en Tunisie, plusieurs  anomalies de fonctionnement ont conduit à son échec , ainsi l'effectif de ses élèves était très réduit , il n'en sortait  «pas plus de cinq enseignants par an, depuis sa création, l'école n'a formé que 73 enseignants, dont 25 seulement ont opté pour l'enseignement, répartis entre les écoles publiques (17) et privées (8 )" selon un rapport préparé par Khairallah  Ben Mustafa en 1908, devant cette situation  plusieurs voix se sont élevées pour demander que la formation des enseignants  de la langue arabe soit rattachée à l'école Alaouite, le Conseil de l'instruction publique en a pris la décision , et à partir de l'année 1910 la formation des Mouderrissouns (nom donné aux instituteurs de langue arabe) est assurée par l'école normale de Tunis  (l'école Alaouite) selon le même système appliqué dans la formation des instituteurs de la langue  française, le projet de la formation des Moueddebs fut donc abandonné, elle est laissée  aux soins de la mosquée Zaytouna.

En se référant à la nouvelle loi relative aux écoles coraniques modernes du 28 juin 1938, nous notons qu'aucun « diplôme n'était exigé pour les instituteurs chargés d'enseigner le Saint Coran dans ces écoles, mais ils doivent présenter la preuve qu'ils connaissent tout le coran par cœur et qu'ils savent l'écrire et ce en passant un examen devant une commission constituée à cet effet et présidée par l'inspecteur des écoles coranique. Cet examen est ouvert à tous  les candidats  actuels et ceux qui devraient  être  proposés pour  enseigner le  Coran dans les écoles coraniques modernes ; celui qui est reconnu comme qualifié par la commission  reçoit un certificat signé par le directeur de l'enseignement public.» (art 3. décret de 1938).

Il faut attendre 1944  pour qu'un nouveau  décret fixe de nouvelles conditions pour les Moueddebs qui postulent pour enseigner le Coran dans une  école coranique moderne, le nouveau décret   exige  le diplôme  d'Et-Tatouia ou Et-Tahcil  en psalmodie  délivrés par la grande Mosquée, mais il laisse  la porte ouverte  devant  ceux qui n'ont aucun diplôme, pour ces derniers, les conditions de 1938 sont reconduites  avec quelques modifications , ils  doivent justifier de leur connaissance du coran et  de son orthographe, en réussissant un examen probatoire devant une commission, les candidats reconnus aptes recevront sur proposition de l'inspecteur des écoles coraniques modernes , président de la commission , un certificat de connaissance du Coran. signé par le grand Cheikh de la grande Mosquée et visé par le premier Ministre et le Directeur de l'instruction publique ( art 12 - décret de 1944).

 

En plus de ces quatre grandes catégories d'enseignants (Instituteur, moniteurs, Mouderrès, Moueddebs), la direction de l'instruction publique employait une autre catégorie chargée de l'enseignement professionnel et manuel , il s'agit des maîtres ouvriers et maîtresses-ouvrières (moallemates) d'enseignement manuel et professionnel des écoles primaires élémentaires.

Le cadre enseignant des écoles coraniques modernes.

Au début du XXe siècle, une nouvelle catégorie d'écoles privées a commencé à se répandre, ce sont les écoles coraniques modernes, leur nombre est passé à 186 en 1954, employant 897 enseignants.  En se référant à l'article 2 du décret du 15 octobre 1953  (6 Safar1373) relatif à  la loi fondamentale des écoles coraniques modernes, nous relevons que les enseignants travaillant dans ces écoles coraniques sont constitués de deux grandes catégories : les instituteurs et les moniteurs de premier et de deuxième ordre qui peuvent avoir le statut de titulaire, de temporaire ou de suppléant.

Le décret  de 1944 a réglementé les diplômes et les titres nécessaires pour postuler à un poste d'enseignant dans ces écoles, c'est ainsi que pour: 

- les instituteurs et les institutrices de langue arabe sont recrutés parmi les titulaires du diplôme Attatwii ou Attahcil en sciences islamiques ou brevet supérieur de la langue et la littérature arabes - le diplôme d'enseignement secondaire Sadikien- le diplôme de fin d'étude de l'école normale  (section tunisienne), le brevet d'arabe. (art  10).

- les instituteurs et les institutrices de langue française  sont recrutés parmi les titulaires du brevet supérieur de la langue et la littérature arabes le diplôme d'enseignement secondaire Sadikien - la première partie du baccalauréat - le brevet élémentaire ou le brevet élémentaire supérieur - le diplôme des études classiques ou modernes - le brevet d'arabe. (art  11).

- les instituteurs du Coran : ils  sont recrutés parmi les titulaires du diplôme Attatwii ou Attahcil en psalmodie ou avoir un certificat de connaissance du Coran (art  12).

 

Fin de la première partie. A suivre

Elaboré par Mongi Akrout inspecteur général de l’éducation.

Tunis-juin 2025.

Pour accéder à la version arabe cliquer ici.



[1] Mosquée.                                                                                                                                    

[2] Mosquée.

[3] Mausolée élevé sur la tombe d'un saint ( Marabout).

[4] Foyers pour les étudiants qui suivaient leurs études à la grande Mosquée Azzaitouna.

[5] Khairallah Mustapha ( 1908) L'enseignement primaire des indigènes en Tunisie. Rapport présenté au Congrès de l'Afrique du Nord, tenu à Paris, du 6 au 10 octobre 1908.

 

[6] Ayachi,M.   « Le koutteb  a connu le 23 janvier 1876 le premier décret règlementant leur fonctionnement  fixant notamment les conditions minimales pour les candidatures d'enseignement dans ces institutions"

[7] Bulletin Officielle de l'instruction  publique - N° 5 - Janvier, février, mars 1952.

[8] http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2218

[9] Bulletin Officielle de l'instruction  publique - N° 5 - Janvier, février, mars 1952

[10] http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2218

[11] Lesage, Pierre. la pédagogie dans les écoles mutuelles au XIXe siècle.

http://ife.ens-lyon.fr/publications/edition-electronique/revue-francaise-de-pedagogie/INRP_RF031_6.pdf

[12] http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2926

[13] Règlement Scolaire,  Fait à Tunis le 20 Décembre 1886. Bulletin officiel de l'enseignement public n° 2. 15  janvier1887, Année 1,

[14] La section des maîtres d'arabe ou mouderrès  a intégré  l'école normale des instituteurs de Tunis en 1910 pour remplacer al-madrasaat-ta'dïbiyya.

[15] Mandard, R. Directeur de l'Ecole Normale d’instituteurs de Tunis. L’Ecole Normale d’instituteurs de Tunis. Bulletin Economique Et Social De La Tunisie (Février 1954)

[16] La gymnastique suédoise, discipline structurée par Pehr Henrik Ling au début du XIXᵉ siècle, combine les gestes classiques de la gymnastique en y adjoignant des exercices de kinésithérapie. Wikipédia

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