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| corps enseignant de l'école primaire Al Faleh-Sfax ( début des années 90) |
Les instituteurs représentent la catégorie originelle du corps enseignant dans les écoles
primaires, et ils le sont restés jusqu'au début des années soixante-dix,
lorsque d'autres catégories ont commencé
à voir le jour, telle la catégorie des maîtres d'application, puis celle des
instituteurs principaux et enfin celle des professeurs des écoles primaires.
a) a) Le mode de recrutement des instituteurs
Dans les premières années de
l'indépendance, la jeune secrétariat de l'éducation nationale (S.E.E.N) a continué à fonctionner avec les textes et
les règlements hérités de la période coloniale et ce jusqu'au début des années
soixante , le premier texte tunisien traitant la question n'est paru qu'en 1961[1],
il s'agit du statut des personnels de
l'enseignement primaire, ce texte a été promulgué dans un contexte marqué par une forte
demande d'enseignants en raison de la politique de la généralisation de
la scolarisation adoptée par l'Etat
Tunisien..
Le décret a consacré l'article 38 au mode de
recrutement des instituteurs et des
institutrices en soulignant que « le métier
d'enseignant est soumis à une formation professionnelle », et il précise les
catégories concernées par le
recrutement, qui sont:
- les diplômés des écoles Normales primaires, le décret a accordé «la priorité aux anciens élèves maîtres et élèves maîtresses pourvus du diplôme de fin d'études normales ou du diplôme de fin d'études générales (...) et en cas de besoin sont recrutés les candidats pourvu de la première partie du baccalauréat ( série normale) et ayant suivit régulièrement une classe préparant la deuxième partie (Toutes les sections) à condition de réussir d'abord un examen dont les programmes et les épreuves sont fixés par arrêté du secrétaire d'État à l'Éducation nationale. ces derniers sont recrutés pour accomplir le même stage suivi par les normaliens.
- Les titulaires du baccalauréat, ou à défaut parmi les candidats titulaires de l'un des diplômes suivants:
-Diplôme de fin d'études secondaires du collège Sadiki
- Diplôme supérieur de langue et de littérature arabes
- Diplôme Tahcil de la mosquée Zaytuna
- Diplôme de fin d'études générales des écoles de normales
-Diplôme de fin d'études du l'Institut National Technique (ajouté conformément à la révision de l'ordonnance 15-61 de l'ordonnance 61-65 du 2 novembre 1961).
- Parmi les candidats titulaires de diplômes étrangers admis en équivalence sau baccalauréat et figurant sur une liste arrêtée par le secrétaire d'État à l'Éducation nationale.
- Parmi les moniteurs stagiaires qui ont obtenu les diplômes requis pour la titularisation des instituteurs (c'est-à-dire au moins un baccalauréat ou son équivalent) ou parmi ceux qui ont réussi un examen probatoire (dont les règlements et le programme sont fixés par arrêté) .
La multiplicité des diplômes
requis ont eu comme conséquence une
grande diversité dans le corps des instituteurs
et une absence d'homogénéité,
ainsi la part des normaliens qui sont
formés pour cette tâche n'a pas dépasse pas 19% en 1965/1966 et 21% en
1969/1970.
Les textes ultérieurs n'ont
pas modifié les modalités de recrutement
des instituteurs , mais la composition
a connu peu à peu des changements, en effet le nouveau statut, publié en 1973[2],
a maintenu les mêmes modalités de recrutement avec quelques modifications
mineures, et la diversité s'est maintenue malgré l'absence de certaines
catégories, le nouveau décret a continué
à donner la priorité aux diplômés des écoles normale pourvu du diplôme de fin
d'études normales, les instituteurs sont
recrutés également parmi les moniteurs titulaires " ayant acquis les
titres exigés pour la nomination en qualité
d'instituteur"
(c'est-à-dire au moins un baccalauréat ou un diplôme équivalent) et parmi les moniteurs de premier
ordre qui réussissent un examen probatoire.
En cas de besoin, les
instituteurs sont recrutés au choix parmi les candidats titulaires d'un
baccalauréat ou son équivalent, mais cette voie de recrutement utilisée en cas
de nécessité est devenue avec le temps
la voie principale de recrutement, ainsi au cours de l'année scolaire 1978-79,
plus de la moitié des nouveaux
instituteurs (54%) étaient des bacheliers et parmi les étudiants qui ont
épuisé leur droit d'inscription à l'université. "
Les textes ultérieurs n'ont
pas apporté du nouveau dans le
chapitre du recrutement qui a continué a se faire selon les deux voies
habituelles à savoir la formation
initiale dans les écoles normales et la nomination directe, l'unique nouveauté d'importance fut
la décision d'astreindre tous ceux qui
sont recrutés par voie de nomination directe à un cycle de
formation préparatoire d'une année depuis 1989.
Après la fermeture des
écoles normales d'instituteurs en
1991-1992, et leur remplacement au début de l'année universitaire 1989-1990 par
les instituts supérieurs de formation des maîtres[3]
( ISFM), le système éducatif a maintenu sans changement le même mécanisme de
recrutement repris dans le paragraphe 2 de l'article 23 du
décret du 10 janvier1989, et l'article
20 du décret 2003- 2430 de
l'année 2003, qui stipule que «les
maîtres sont recrutés par voie de nomination directe parmi les
candidats titulaires du baccalauréat de
l'enseignement secondaire ou d'un diplôme admis en équivalence
et ayant poursuivi avec succès un cycle de formation dont le programme et la durée sont fixés par
décision du ministre de l'éducation et de
la formation » Il faudrait préciser que l'affectation directe des
maîtres ne s'est pas limitée aux titulaires du baccalauréat, mais elle a touché un nombre très important de
diplômés des instituts supérieurs de l'enseignement technologique et de
maitrisards qui n'ont pas réussi le concours du CAPES pour pouvoir intégrer
l'enseignement secondaire.
Le décret 2013- 2225[4]
a marqué une rupture avec une longue histoire, comme on l'a vu, en mettant fin
au recrutement de la catégorie d'instituteurs
(avec un moratoire jusqu'à la fin
2015.( (
art 49) , ce moratoire demandé par le syndicat s'explique par la présence d'un
nombre important de suppléants qui n'ont ni la maîtrise ni la licence , et
dont l'intégration devrait s'achever en
2015 selon les accords conclus entre le ministère et le syndicat général de
l’éducation de base
b)
Les promotions des instituteurs
§
Les promotions normales
Le ministère a ouvert des perspectives de promotion aux
instituteurs titulaires selon deux voies:
-
la première est la promotion au grade de maitre d'application
, c'est une promotion au choix que nous verrons plus loin dans le chapitre
réservé aux maîtres d'application.
-
la deuxième est l'accession au grade de
professeur des écoles primaire grâce la
formation continue certifiante. C'est une formation qui est assurée par l'Institut Supérieur de formation continue ouverte aux
instituteurs titulaires en exercice, qui peuvent suivre un cursus qui les
mène jusqu'à la maitrise dans l'une des
spécialités qu'ils choisissent, une fois le diplôme universitaire obtenu
l'instituteur peut aspirer à devenir
professeur des écoles primaires , un grade que nous verrons plus loin.
§ Les promotions exceptionnelles
En 2015, selon le décret 2015 - 520[5], il a été décidé d'accorder une ou deux promotions exceptionnelles aux instituteurs quelque soit leur diplôme,
leur note d'inspection et leur
ancienneté, comme indiqué ci-dessous:
- les maîtres non titulaires du diplôme national de licence
ou de la maîtrise ou équivalent sont intégrés dans le grade de maître
d’application en septembre 2015 (Article
41 bis).
- Les maîtres titulaires du diplôme national de licence ou de
maîtrise ou équivalent sont intégrés dans le grade de maître principal en
septembre 2014 et au grade de professeur des écoles primaires en septembre
2015. (Article 41 ter),
- Les maîtres titulaires du baccalauréat plus trois (3) ans
de l'enseignement supérieur avec succès, les maîtres titulaires du diplôme
national de licence appliquée hors le régime de LMD et les maîtres titulaires
du diplôme universitaire de technologie dans les spécialités techniques et
technologiques hors régime LMD sont promus
au grade de professeur des écoles primaires à partir du janvier 2015, après
avoir suivi un cycle de formation organisé à cet effet.- )Article 41 quater) .
Tableau
récapitulatif des promotions
exceptionnelles prévues par le
décret 2015-250
|
nouveau grade |
nouveau grade ( date d'effet) |
Grade d'origine |
Référence |
|
|
maître d’application en septembre 2015 |
les maîtres non titulaires du diplôme national de licence
ou de la maîtrise ou équivalent |
Article 41 bis |
|
professeur des écoles primaires en septembre 2015 |
maître principal au septembre 2014 |
Les maîtres titulaires du diplôme national de licence ou de
la maîtrise ou équivalent |
Article 41 ter |
|
|
professeur des écoles primaires à partir du janvier 2015
après avoir suivi un cycle de formation organisé à cet effet.- |
-Les
maîtres titulaires du baccalauréat plus trois (3) ans d'enseignement
supérieur avec succès, -les maîtres titulaires du diplôme national de licence
appliquée hors le régime de LMD et les maîtres titulaires du diplôme
universitaire de technologie dans les spécialités techniques et
technologiques hors le régime de LMD |
|
Fin de la partie 3. A
suivre
Elaboré par Mongi Akrout inspecteur
général de l’éducation.
Tunis-juin 2025.
Pour accéder à la version arabe- cliquer
ici.
Pour revenir
à la partie 2 -cliquer ici./Pour revenir
à la partie 1 -cliquer ici.
[1]
Décret 61-13 du 3 janvier 1961 (
15 Rjeb 1380/ fixant le statut des personnels de l'enseignement primaire .
[2] Décret 73-116 du 17 mars 1973 fixant le statut des personnels enseignant des écoles normales, des écoles d'application et des écoles primaires.
[3] les écoles normales d'instituteurs
de Gafsa et Sbeitla furent
transformées en ISFM par
l'article 98 de la loi de finance n°98
de l'année 1991 du 31/12/1991 ( jort n°90 , du 31 décembre 1991). puis trois
autres INSTITUTS ont été ouverts à Kairouan, à Gafsa et au KEF ( loi 90-108 du 26 novembre 1990.
[4] Décret n° 2013-2225 du 3 juin
2013, fixant le statut particulier du corps des enseignants exerçant dans les
écoles primaires relevant du ministère de l’éducation.
[5]
Décret
gouvernemental n° 2015-520 du 24 juin 2015, modifiant et complétant le décret
n° 2013-2225 du 3 juin 2013, fixant le statut particulier du corps des
enseignants exerçant dans les écoles primaires relevant du ministère de
l’éducation

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