dimanche 1 novembre 2026

L’histoire du corps enseignant des écoles primaires en Tunisie / Deuxième partie : Le corps enseignant de l'école primaire depuis l'indépendance- Quatrièmement: Les maîtres principaux-

Le corps enseignant de l’école Khaled Ibn El Walid à Sfax, au début des années 1980 — parmi les instituteurs présents sur la photo : Béchir Ghorbal, Rachid Derbal et Hédi Trabelsi.

Quatrièmement: Les maîtres principaux.

Après la fermeture des écoles normales des institutrices et des instituteurs  à  la rentrée scolaire  1991-1992 et leur remplacement  par des instituts supérieurs de formation des maîtres depuis  l'année universitaire1989/1990[1], qui recrutaient  les étudiants parmi les bacheliers pour suivre une formation de deux ans sanctionnée  par un diplôme de fin d'études  des instituts supérieurs de formation des enseignants, ce qui équivaut au niveau du premier cycle de l'enseignement supérieur. Les  diplômés  sont nommés pour enseigner dans les écoles primaires  avec le grade de Maître principal (art 2 du décret 1991/1872)[2].

Cette  nouvelle catégorie d'enseignants des écoles primaires  s'est distinguée par un texte particulier, à savoir le décret 1872/1991 qui a fixé le statut particulier des maîtres principaux relevant du ministère de l'éducation et des sciences, elle n'a été incorporée dans le décret général  des cadres enseignants exerçant dans les écoles primaires que dans le texte  de 2003).

Concernant les attributions, les maîtres principaux effectuent les mêmes tâches assignées au reste des enseignants du primaire : l'enseignement et la participation au reste des activités connexes, telles que la participation aux conseils de classes,  au déroulement des examens  , aux  réunions à caractère pédagogique, aux travaux ,études, séminaires et leçons témoins destinés à perfectionner l'enseignement. (art 3 du décret 1872-1991) - Voir l'annexe ci-dessous.

1)   Nomination et recrutement

Selon le décret fondateur (1991)  " les maîtres principaux sont recrutés parmi les candidats titulaires du diplôme de fin d'études des instituts de formation des maîtres (ISFM)" , le décret de 2003 l'avait confirmé mais avec la fermeture des ISFM  en 2007[3] , le décret de 2013 a réécrit l'article relatif au recrutement des maîtres principaux dans ces termes :« les maîtres principaux seront recrutés parmi les diplômés d'une école spécialisée créée dans cet objectif».

 

Evolution des effectifs des maîtres principaux.

% par rapport au total

des enseignants du primaire

effectif

Année scolaire

11.9

6849

2011-2012

6.9

4194

2013-2014

1.8

1086

2014-2015

0.5

385

2015-2016

0.4

243

2016-2017


2)   Les promotions des maîtres principaux

§  Les promotions ordinaires

Les maîtres principaux  titulaires et ayant obtenu une note égale au moins à 14/20 dans la dernière inspection intègrent  automatiquement le grade de maître d'application.

§  Les promotions exceptionnelles.

Les maîtres principaux  ont eu droit eux aussi aux promotions exceptionnelles   qui ont permis d'intégrer tous les maîtres principaux au rang de maitre d'application principal à partir de septembre 2014 ( art 38 bis du décret 2015 -520), cette promotion leur a ouvert la voie pour devenir  professeurs des écoles primaires  bien qu'ils n'ont pas la maîtrise ou un diplôme équivalent) ( comme nous le verrons dans le chapitre suivant consacré à ce grade).

La conséquence de tout cela (fermeture des ISFM, les promotions ordinaires et l'intégration dans le cadre des promotions exceptionnelles est la baisse du nombre des maitres principaux, cette catégorie s'oriente  petit à petit vers l'extinction comme les moniteurs, les maitres et les maitres d'application.


Les attributions des maîtres principaux.

 

Décret 2013- art 32

Décret 2003 - art 17

Décret 1872/1991- art 3

Les maîtres principaux assurent un enseignement dans les écoles primaires et participent à la formation des enseignants du cycle primaire et les assistent pédagogiquement. Ils doivent, en outre : - participer aux conseils de classes et au déroulement des examens, - participer aux réunions à caractère pédagogique, - participer aux travaux, études, séminaires et leçons témoins destinées à l’amélioration du niveau de l’enseignement, - contribuer selon leur volonté à l’animation de la vie scolaire, - assurer la suppléance d’un enseignant, et ce, sur demande de l’administration et la volonté des enseignants. Les dispositions de suppléance sont fixées par arrêté du ministre de l’éducation. En outre, ils peuvent être chargés de mission d’assistant de directeur, leurs missions se reparties en 2 domaines :

 A-le domaine administratif et éducatif : L’enseignant chargé d’assister le directeur est tenu, en collaboration et en complémentarité avec le directeur de l’école et sous sa tutelle à réaliser les différentes taches administratives et éducatives, toutefois seul le directeur est responsable de signer les documents.

B- le domaine pédagogique : L’enseignant chargé d’assister le directeur contribue à la mise œuvre de l’aspect pédagogique au sein de leur établissement. Les dispositions et les réglementations relatives à la désignation d’assistant de directeur sont fixées par arrêté du ministre de l’éducation.

 

 Les maîtres principaux assurent un enseignement dans les classes du cycle primaire. Ils doivent, en outre, participer :
- aux conseils de classe et au déroulement des examens,
- aux réunions à caractère pédagogique,
- aux travaux, études, séminaires et leçons témoins destinés à perfectionner le niveau de l'enseignement,
- assurer la suppléance d'un enseignant, et ce, sur demande de l'administration et accord du suppléant.

Les maîtres principaux assurent un enseignement dans les classes du cycle primaire. Ils doivent, en outre, participer :
- aux conseils de classe et au déroulement des examens,
- aux réunions à caractère pédagogique,
- aux travaux, études, séminaires et leçons témoins destinés à perfectionner le niveau de l'enseignement,
- ils peuvent également être chargés d'une activité éducationnelle en dehors de leurs écoles..

 

Fin de la Cinquième partie; à suivre.

Elaboré par Mongi Akrout inspecteur général de l’éducation.

Tunis-juin 2025.

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[1] Loi 108 de l'année 1990 en date du 26novembre 1990 relative aux instituts supérieurs de formation des maîtres.

[2] Décret 1991-1872 du 7 décembre 1991 fixant le statut particulier des maîtres principaux relevant du ministère de l'éducation et des sciences.

[3] en 1996 l'ISFM de SFAX est fermé et ses biens sont transférés à l'école des beaux arts de Sfax ( loi 88 -1996 du 6 novembre 1996) , en 1997 c'est au tour de l'ISFM de Tunis ( loi 30-1997 du 5 mai 1997) , en 1998 ce sont les ISFM de Gabès et Jendouba  qui ferment  , enfin en 2007 ce sont les derniers ISFM de Kairouan, Gafsa,Le Kef, et Sbeitla qui ferment à leur tour.

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