Ce dont nous
sommes témoins aujourd'hui — cette convergence des efforts entre les
institutions éducatives (école, famille, médias) pour traiter le phénomène de
la violence scolaire — représente un "instant décisif" et une prise
de conscience sociétale aux résonances profondes. Dans ce climat d’interaction
positive, et avec la conviction que la lutte contre ce fléau ne réside pas dans
l’hyper-surveillance ou l’arsenal répressif, mais plutôt dans un retour aux
fondements intellectuels de l'éducation, je me sens investi d’une
responsabilité éthique. C'est un devoir citoyen qui me pousse à sonder les
causes abyssales de ce dilemme, loin des remèdes de surface qui ne traitent que
les symptômes.
La violence
est l’un des défis les plus complexes et les plus protéiformes auxquels se
heurtent nos institutions. À notre sens, elle ne peut en aucun cas être réduite
à un facteur unique, ni expliquée par une vision simpliste qui ne s’arrêterait
qu’à ses manifestations exogènes. C’est un phénomène qui exige une méditation
méticuleuse sur ses causalités directes et latentes, ainsi qu’une réflexion sur
les corrélations possibles entre ces facteurs générateurs de périls.
Dans cette
architecture complexe, s'entremêlent des dimensions psychologiques, sociales,
économiques et culturelles dont les racines sont aussi profondes que leurs
expressions sont diverses :
Les
dimensions psycho-individuelles : L'individu cède souvent à l’attrait de la
violence par défaillance du sentiment d’appartenance, par quête identitaire, ou
sous le poids de pressions sociales et d’un sentiment d’injustice. La gravité
de ces failles réside dans leur possible instrumentalisation par autrui. Ainsi,
les traumatismes antérieurs ou les troubles psychiques deviennent des vecteurs
de vulnérabilité face à la pulsion violente.
Les dimensions
socio-économiques : L'échec scolaire, le chômage, la
marginalisation et l'absence de perspectives créent un terreau fertile au
désespoir. Dans ces zones de précarité, la violence s'immisce comme une
"illusion de solution", masquant la réalité du malaise et l'essence
des remèdes possibles.
L’ère
numérique : Les réseaux sociaux facilitent désormais la propagation d’une
violence virtuelle et transfrontalière, offrant des plateformes de mobilisation
où la désinformation et les idées délétères circulent avec une célérité
redoutable.
Face à ces
enjeux, la violence n'est plus un simple comportement éphémère, mais une menace
structurelle pour le tissu social et le développement humain. Fort de cette
analyse, ma conviction s'ancre dans l'idée que la solution réside dans les
trésors enfouis de l'éducation, capables d'édifier des remparts de paix dans
l'esprit des jeunes.
Ma foi
inébranlable en l'idée que "L'Homme est la solution" m'amène à
adopter une vision éducative centrée sur l'individu en tant qu'entité autonome.
Il s'agit de façonner son humanité dans toutes ses dimensions : affective,
cognitive et axiologique (valeurs). La violence est, par essence, l'expression
d'un "vide humain" ou d'un achoppement dans la construction de la
personnalité. Ma contribution propose donc une transition paradigmatique :
passer d'une "éducation de la conformité" à une "éducation de
l'être".
L'éducation,
dans sa noblesse, est une œuvre de "sculpture de l'humain" et non un
simple remplissage cognitif. Investir les ressources philosophiques de
l'éducation authentique est l'unique voie pour forger une "immunité
intrinsèque". L'individu accompli perçoit la violence comme une déchéance
de sa propre dignité avant qu'elle ne soit une agression envers autrui. C'est
là le cœur de la prophylaxie sociale que nous appelons de nos vœux.
Cette approche,
qui privilégie la "construction intérieure" sur le "contrôle
extérieur", traite la racine plutôt que l'écume, à travers :
La conscience
de soi : En saisissant sa propre valeur, l'individu résiste aux pulsions
destructrices.
Le
développement de l'empathie : Comprendre l'Autre est l'antithèse absolue de la
violence.
L'équilibre
des valeurs : L'autonomie et la responsabilité individuelle transforment
l'individu en son propre arbitre, rendant superflue toute autorité répressive.
L'objectif de
cette réflexion est de poser une pierre à l'édifice d'un climat scolaire où
l'individu est une fin en soi et non un moyen. Il s'agit de métamorphoser
l'institution éducative : d'un simple lieu d'acquisition scolaire vers un
espace de construction de la personnalité, où les parents deviennent des
partenaires de dialogue et d'accompagnement plutôt que des vecteurs de
coercition.
Si l'approche
répressive reste parfois nécessaire, elle demeure insuffisante. Elle doit
impérativement s'intégrer dans une stratégie éducative globale et préventive,
axée sur :
Le
renforcement de la pensée critique et de l'esprit de questionnement.
L'ancrage des
valeurs de tolérance et du respect de l'altérité.
La forge d'une
identité positive et d'un sentiment d'appartenance.
Le développement
de l'intelligence émotionnelle.
L'enseignement
de la citoyenneté universelle.
Dr. Kamel
Hajjam
Février 2026
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