Le Blog pédagogique
publie cette semaine un document datant de 2014[1],
émanant du cabinet du ministre de l’Éducation et adressé aux directeurs
généraux ainsi qu’aux délégués régionaux de l’éducation, afin de les informer
de l’ensemble des décisions prises par le Conseil des ministres réuni le mercredi 17 août 2014,
et relatives aux affaires éducatives. Le document comprend 25 décisions, réparties en six volets : -les conditions de la rentrée
scolaire, -la révision des matières, des
coefficients et des horaires, -la révision des modalités de
valorisation du contrôle continu et du rachat au baccalauréat, -la révision des parcours d’études et
du système des évaluations nationales (sixième et neuvième), -la sécurisation des examens
nationaux, -la révision des mécanismes de
formation des enseignants, de leur recrutement et de la gestion de leur
carrière. Il convient de signaler que ces
décisions constituent la traduction concrète des recommandations d’un
colloque organisé par le ministère de l’Éducation au début du mois d’août,
auquel ont participé de nombreux acteurs : cadres du ministère de
l’Éducation, universitaires, inspecteurs pédagogiques du primaire et du secondaire,
ainsi que des enseignants des cycles primaire, préparatoire et secondaire. Nous avons cherché à suivre le devenir
de ces différentes mesures et le degré de leur mise en œuvre. À cette fin,
nous avons contacté plusieurs collègues et amis qui nous ont aidés dans cette
démarche : MM. Riadh El Ksentini (inspecteur général de
l’enseignement primaire), Chokri Jemai (inspecteur général
de l’enseignement secondaire, spécialité arabe), Omar Ouelbani
(ancien directeur général des examens) et Jamil Bouabda (Direction
générale des examens). Qu’ils soient tous vivement remerciés pour les
informations qu’ils nous ont fournies. Il s’est avéré que le changement de
gouvernement et de ministre remet aux tiroirs et aux oubliettes le travail et
les mesures du gouvernement précédent ce qui constitue une perte de temps qui
impacte le devenir de l’école tunisienne. |
1) Les conditions de la rentrée scolaire 2014-2015.
§ Assurer
toutes les conditions possibles pour la réussite de la rentrée scolaire.
§ Finaliser la rentrée scolaire à la date fixée
par l'autorité de tutelle, (le 15 septembre 2014).
§ Équiper
les écoles dépourvues d'eau potable de réservoirs d'eau non permanents avant la
rentrée scolaire.
2) Révision des matières, des coefficients et des
horaires.
§ Révision
des coefficients des domaines fondamentaux de l'enseignement primaire. (dédoublement
du coefficient du domaine de la langue arabe et du domaine des sciences et
ajout d'un demi-point au coefficient du domaine des langues étrangères) à
compter de l'année scolaire 2014-2015.
§ Intégration du français aux programmes
officiels de l'enseignement primaire à partir de la deuxième année et de
l'anglais à partir de la troisième année, à compter de l'année scolaire
2015-2016.
§ Révision de la répartition horaire de la
matière d'économie dans l'enseignement secondaire.
|
Commentaire 1 – Concernant
l’enseignement primaire |
§ Ajout d'une heure d'enseignement hebdomadaire
pour l'arabe pour les troisième et quatrième années de l'enseignement
secondaire dans les sections scientifiques et techniques.
|
Commentaire 2 – Concernant l’enseignement secondaire ·
Pour la matière économie, nous n’avons pas pu
obtenir d’informations précises. ·
En ce qui concerne la langue arabe, M. Chokri Jemaii
nous a indiqué qu’« une heure a été ajoutée au volume horaire hebdomadaire de
l’arabe : celui-ci est passé à trois heures pour les classes de troisième des
sections scientifiques, et à deux heures pour les classes de quatrième des
sections scientifiques, au lieu d’une
seule heure par semaine ». |
3) révision de la formule du calcul de la moyenne
finale et du rachat au baccalauréat.[2]
§ Révision
de la formule de calcul de la moyenne finale au baccalauréat en adoptant un
pourcentage de 20 % dans la moyenne annuelle au lieu de 25 % à condition que
l'écart entre la moyenne d'examen et la moyenne annuelle ne dépasse pas trois
points afin de garantir la qualité et l'équité.
§ Révision des conditions de rachat à la session
principale et la session de contrôle pour ceux qui ont une moyenne d'au moins 10
sur 20 au cours de l'année d'une manière qui garantit l’intérêt de l’élève et
la qualité des outputs du système éducatif.
|
Commentaire 3- s’agissant de la révision de la
formule du calcul de la moyenne finale et du rachat au baccalauréat Un pourcentage de 20 %
de la moyenne annuelle a été adopté, et les conditions du rachat ont été
révisées lors de la session 2015. Parmi les principales
nouvelles conditions figure le relèvement de la moyenne des deux matières
spécifiques de 8 à 9 sur 20, ainsi que l’introduction d’une
note éliminatoire (une note inférieure
à 4 sur 20 dans l’une des matières obligatoires[3]).
Toutefois, cette condition a été par la suite annulée, avec un retour à
l’ancienne règle (ne pas obtenir la note zéro), par décision du nouveau
ministre de l’Éducation, Néji Jalloul[4],
successeur de Fathi Jarray. |
4) Révision des parcours d'études et du système des
principales stations d'évaluation.
§ La
généralisation progressive de l'année préparatoire sur une période n'excédant
pas cinq ans, tout en garantissant sa gratuité dans les établissements
scolaires prioritaires, conformément à un plan précisant le calendrier et les
ressources humaines et matérielles nécessaires.
§ La
généralisation de l'examen de fin d'études primaires (examen de sixième année)
à compter de l'année scolaire 2014-2015, et son caractère obligatoire.
|
Commentaire 4- S’agissant de la généralisation de l’examen de fin de
l’enseignement primaire et de son caractère obligatoire à partir de l’année
scolaire 2014-2015, une correspondance a été adressée à l’Assemblée
des représentants du peuple en vue de la modification de l’article 60
de la loi d’orientation n° 80
du 23 juillet 2002 relative à l’éducation et à
l’enseignement scolaire, le changement du gouvernement a stoppé toutes les démarches
en vue de son application, le livre blanc a repris le principe mais il va
connaitre le même sort. |
§ L'autorisation d'organiser une vaste
consultation sur la possibilité d'ouvrir deux parcours d'études interconnectés,(un
parcours de base et un parcours technique) au collège, à compter de l'année
scolaire 2015-2016, dans le cadre du dialogue sociétal sur les questions
éducatives que le ministère de l'Éducation entend lancer au dernier trimestre
2014, en coopération avec la société civile.
|
Commentaire 5 Il n’y a pas eu de consultation sur
les deux parcours au collège : l’un assure un enseignement général et l’autre parcours
technique. |
§ La
généralisation de l'examen de fin d'études de l’enseignement de base (examen de
neuvième année) à compter de l'année scolaire 2017-2018, et son caractère
obligatoire.
|
Commentaire 6 Cette mesure ne fut pas appliquée pour
les mêmes raisons évoquées ci-dessus pour l’examen de sixième. |
§ Rationalisation des procédures de l’organisation
des épreuves pratiques du baccalauréat et soutien à la tendance à leur
décentralisation.
|
Commentaire 7 Cette décision est entrée en vigueur à partir de la session
2015. Elle a été renforcée par l’adoption de la transmission
numérique des sujets des épreuves pratiques et orales, directement vers les
centres d’examen, à compter de la session 2018.[5] |
5) Œuvrer de la protection des examens nationaux.
§ Coordonner
avec le ministère de la Justice, des Droits de l’Homme et de la Justice
transitionnelle pour l’élaboration d’un texte juridique criminalisant toute
forme d’agression contre le système national des examens, les espaces qui les
accueillent, les responsables de ceux-ci, les enseignants et les moyens des
travailleurs des établissements d’enseignement.
|
Commentaire 8 En ce qui concerne la promulgation d’une loi e
criminalisant toute forme d’agression contre les examens nationaux, le
ministère de l’Éducation a entamé sa mise en œuvre en élaborant un projet de
texte législatif, qui n’a toutefois pas été promulgué. |
§ Approuver le principe de la création d’un
comité élargi pour la protection des examens nationaux et le suivi de leur
organisation et de leur déroulement.
§ Réviser
les textes juridiques relatifs à la lutte contre la fraude électronique et à sa
prévention.
|
Commentaire 9 Les arrêtés visant la lutte contre la fraude et les
mauvaises conduites ont connu plusieurs amendements en 2017, 2018 et 2019
dans le sens de plus sévérités[6] |
§ Renforcer
les systèmes de contrôle électronique en les développant et en prenant les
mesures techniques nécessaires pour prévenir, détecter et perturber les
tentatives de tricherie électronique.
|
Commentaire 10 Quant au renforcement des systèmes de
contrôle électronique anti fraude, des mesures ont été prises dès la session
2015 , pour cela le ministère a acquis des équipements pour brouiller
les communications à l’intérieur des centres d’examen. |
6) Révisions des mécanismes de la formation des
enseignants, leur recrutement et la
gestion de leurs parcours
§ Approbation
du principe de création d'une structure académique pour la formation des
enseignants et leur offrir une formation spécialisée et pédagogique, en
partenariat avec le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche
scientifique et des Technologies de l'information et de la communication.
§ Garantie de l'égalité des chances en matière
d'emploi dans le secteur de l'éducation et instauration du principe du
recrutement fondé sur la compétence et le mérite.
§ Garantie
de la transparence des nominations et des mutations.
§ Abandon
progressif du système de roulement.
§ Revalorisation
de l’indemnité des heures supplémentaires effectuées par les enseignants du
primaire et du secondaire, (en la multipliant environ par cinq), afin de les
inciter à les faire.
§ .
Rationalisation de la gestion du phénomène des absences, en coopération avec le
ministère de la Santé.
|
Commentaire
10 - Au sujet de la création
d'une structure académique pour la formation des enseignants, dès 2016 une
licence appliquée en sciences de l’éducation a été mise en place pour former
les professeurs des écoles primaires dans six instituts supérieurs, quant à
la formation des professeurs des collèges et des lycées, un projet a été
conçu mais il fut enterré, le recrutement « fondé sur la compétence et
le mérite » est resté un vœu pieux.
- la revalorisation
de la rémunération des heures supplémentaires[7]
a été réalisée par le décret du 9
septembre 2014,qui a été modifié en 2018.l’indemnité varie entre 14
et 11 dinars l’heure supplémentaire selon le grade. |
Présentation
et commentaires par Mongi Akrout, inspecteur général de l’éducation
Tunis,
janvier 2026
Pour
accéder à la version ARABE, cliquer ICI
[1] En été 2014, la Tunisie était dans une période de transition politique, marquée par l'adoption de la nouvelle Constitution et la préparation des premières élections de l'après-révolution. La situation était tendue en raison de la persistance du terrorisme, de problèmes économiques, et de manifestations sociales récurrentes.
[2] H.Bouhouch&M.Akrout (2018). –
Quoi de neuf au baccalauréat - 11/04/2008
https://bouhouchakrout.blogspot.com/2018/06/quoi-deneuf-au-bac-2018-le-baccalaureat.html#more
[3]
Arrêté du 5/12/2014 modifiant l’arrêté du 24/4/2008 relatif à l’organisation de l’examen du
baccalauréat
[4] Arrêté du ministre de l'éducation du 6 mai 2015, modifiant l'arrêté du 24 avril 2008, relatif au régime de l'examen du baccalauréat.
[5] Arrêté du ministre de l'éducation du 5 décembre 2014, modifiant l'arrêté du 24 avril 2008, relatif au régime de l'examen du baccalauréat.
[6]
Arrêté
du ministre de l'éducation du 21 mars 2017,
modifiant l'arrêté du 24 avril 2008, relatif au régime de l'examen du
baccalauréat et l’arrêté du 5 février 2018
, et l’arrêté du 15 mai 2018 et l’arrêté du 2 avril 2020.

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