lundi 18 mars 2019

La nouvelle réforme du système éducatif tunisien : Programme pour la mise en œuvre du projet " Ecole de demain " 2002 – 2007 (partie 4) : La place du système scolaire tunisien sur l’échiquier éducatif mondial.



Hédi Bouhouch
Nous poursuivons la publication du document relatif à la nouvelle réforme du système éducatif tunisien : Programme pour la mise en œuvre du projet " Ecole de demain " 2002 – 2007. Ce 4ème extrait présente les évaluations effectuées depuis 1992 sur le système éducatif tunisien et leurs résultats.


Peu de temps après la promulgation de la deuxième loi sur la réforme de l’éducation en Tunisie (loi no 65 / 1991 du 29 juillet 1991 sur le système d’enseignement) on a commencé à réfléchir à un nouveau projet de réforme connu sous le nom de "l’école de demain". La réflexion est venue pour répondre à la présidence de la république qui avait appelé en 1995 à une "réflexion sur le renouvellement de la mission de l'école dans un monde qui devrait connaître de profonds changements dans la structure des sociétés de la connaissance et dans les méthodes de travail et les moyens de production."
En 1998, la "Commission de l'école de demain" fut instituée, présidée par le professeur Rafaa Ben Achour, alors président de l'université de Tunis 2. Ensuite, le ministère de l’éducation avait organisé un symposium international sur l’école de demain les 4 et 5 mai 1998 en coopération avec la Banque mondiale. Les résultats du symposium furent soumis à une consultation nationale, qui a abouti à des propositions pour la remise à niveau de l'école tunisienne.

La réflexion s'est poursuivie par des commissions au niveau du ministère de l'éducation pendant plus de 4 ans. Cet énorme effort fut couronné par la production d'un document très important publié en juin 2002 dans sa version arabe (avant la publication de la loi d'orientation de 2002) suivie par la version française en octobre 2002 sous le titre "La nouvelle réforme du système éducatif tunisien : Programme pour la mise en œuvre du projet " Ecole de demain " 2002 – 2007.
Compte tenu de la valeur de ce document fondateur qui a marqué un tournant dans la pensée éducative dans notre pays, nous avons voulu publier des extraits de ce travail afin de préserver la mémoire de l'école tunisienne et de rendre hommage à l'équipe qui avait contribué à sa conception et à sa rédaction. Cette équipe qui avait travaillé sous la direction du Ministre Moncer Rouissi, était constituée par feu Abdelmalek Sallami, inspecteur de français, feu Najib Ayed, ancien  directeur de l'Institut national des sciences de l'éducation, Omrane Boukari, le directeur des programmes et Mustafa Neifar, directeur de la formation. 
Présentation du document.
Le document est constitué de 5 grands chapitres:

I- Le cadre stratégique de la nouvelle réforme du système scolaire         
II - La place du système scolaire tunisien sur l’échiquier éducatif mondial 
III -Les évaluations réalisées depuis 1992
IV - Les grandes orientations de la nouvelle réforme
V - Le calendrier de la mise en application du plan relatif aux programmes
Peu de temps après la promulgation de la deuxième loi sur la réforme de l’éducation en Tunisie (loi no 65 / 1991 du 29 juillet 1991 sur le système d’enseignement) on a commencé à réfléchir à un nouveau projet de réforme connu sous le nom de "l’école de demain". La réflexion est venue pour répondre à la présidence de la république qui avait appelé en 1995 à une "réflexion sur le renouvellement de la mission de l'école dans un monde qui devrait connaître de profonds changements dans la structure des sociétés de la connaissance et dans les méthodes de travail et les moyens de production."
En 1998, la "Commission de l'école de demain" fut instituée, présidée par le professeur Rafaa Ben Achour, alors président de l'université de Tunis 2. Ensuite, le ministère de l’éducation avait organisé un symposium international sur l’école de demain les 4 et 5 mai 1998 en coopération avec la Banque mondiale. Les résultats du symposium furent soumis à une consultation nationale, qui a abouti à des propositions pour la remise à niveau de l'école tunisienne.

La réflexion s'est poursuivie par des commissions au niveau du ministère de l'éducation pendant plus de 4 ans. Cet énorme effort fut couronné par la production d'un document très important publié en juin 2002 dans sa version arabe (avant la publication de la loi d'orientation de 2002) suivie par la version française en octobre 2002 sous le titre "La nouvelle réforme du système éducatif tunisien : Programme pour la mise en œuvre du projet " Ecole de demain " 2002 – 2007.
Compte tenu de la valeur de ce document fondateur qui a marqué un tournant dans la pensée éducative dans notre pays, nous avons voulu publier des extraits de ce travail afin de préserver la mémoire de l'école tunisienne et de rendre hommage à l'équipe qui avait contribué à sa conception et à sa rédaction. Cette équipe qui avait travaillé sous la direction du Ministre Moncer Rouissi, était constituée par feu Abdelmalek Sallami, inspecteur de français, feu Najib Ayed, ancien  directeur de l'Institut national des sciences de l'éducation, Omrane Boukari, le directeur des programmes et Mustafa Neifar, directeur de la formation. 
Présentation du document.
Le document est constitué de 5 grands chapitres:

I- Le cadre stratégique de la nouvelle réforme du système scolaire         
II - La place du système scolaire tunisien sur l’échiquier éducatif mondial 
III -Les évaluations réalisées depuis 1992
IV - Les grandes orientations de la nouvelle réforme
V - Le calendrier de la mise en application du plan relatif aux programmes
III- Les évaluations effectuées depuis 1992
Le Ministère de l’éducation procède à des évaluations internes et externes de façon continue depuis 1992, conformément à la loi du 29 juillet 1991 qui institue l’évaluation périodique en tant qu’outil d’accompagnement de la réforme.
III-1 .Les évaluations internes
Le Ministère procède à des évaluations internes continues à deux niveaux :
III-1.1. une évaluation globale de l’activité d’enseignement - apprentissage dans toutes ses composantes (contenus - méthodes d’enseignement - évaluation des acquis des élèves - rendement des enseignants...). Ce sont les inspecteurs qui s’acquittent de cette tâche par des visites dans les classes qui donnent lieu à     32 000 rapports par an en moyenne. Une synthèse de ces rapports est ensuite effectuée au niveau de chaque discipline et/ou domaine d’apprentissage.
III-1.2. une évaluation régulière des acquis des élèves à travers les examens nationaux :
L’analyse des résultats enregistrés à des sessions d’examens successives permet de vérifier la pertinence des programmes, l’efficacité des méthodes pédagogiques et l’efficience des institutions éducatives.
Le bilan de ces évaluations se résume en six points :
  Prédominance des aspects théoriques et cognitifs dans l’apprentissage.
Absence quasi-totale d’initiation aux méthodes de travail.
Présence forte d’une tendance quantitative et cumulative dans les programmes.
  Rigidité des programmes qui laissent peu de place à l’initiative de l’enseignant.
Maîtrise insuffisante par les élèves de certaines compétences transversales fondamentales comme l’analyse, la synthèse, la recherche et l’exploitation de l’information.
Faiblesse des élèves en expression écrite aussi bien en arabe qu’en français.
III-1.2. Les évaluations externes
Ces évaluations revêtent deux formes distinctes : des évaluations réalisées par des organismes ou des experts internationaux, sur la base d’une commande précise du Ministère de l’Education, comme cela fut le cas en 1999 pour l’évaluation du projet expérimental des compétences de base ; ou bien dans le cadre de la préparation d’un projet en coopération avec une institution internationale ou une partie étrangère (Union européenne ; Banque Mondiale ; Institut français de coopération...).
Treize études évaluatives ont ainsi été menées depuis 1992 par des bureaux d’études et des experts de différentes nationalités (Canadiens, Belges, Français, Américains). Elles ont porté sur les différentes composantes du système éducatif et sur l’enseignement des langues étrangères.
Ces évaluations ont fait ressortir, parallèlement aux progrès réalisés par notre système éducatif, des dysfonctionnements persistants :
Place réduite des applications et de l’expérimentation;
Multiplicité des disciplines et absence d’intégration intra et inter- disciplinaire ;
  Modestie des moyens d’expression des élèves dans les langues étrangères, tant à l’oral qu’à l’écrit ;
Absence de la fonction formative de l’évaluation ;
  Absence de la dimension professionnelle dans la formation initiale des enseignants ; 
Vie scolaire réduite à la seule activité d’enseignement ; ce qui crée une forme de désaffection des enseignants et des élèves vis-à-vis de l’établissement scolaire.
III-3.Les évaluations internationales comparées
Elles consistent en la participation avec d’autres pays à des tests communs conçus pour évaluer des connaissances et des compétences précises chez des élèves d’une tranche d’âge donnée. Grâce à la mesure exacte des performances des élèves dans des domaines clés (sciences, mathématiques, lecture...), ces tests permettent de bien situer le système éducatif sur le plan international.
Depuis 1998, la Tunisie a participé à deux évaluations internationales :
a.     L’évaluation Third International Mathematics and Science Study (TIMSS-R) porte sur les apprentissages fondamentaux en sciences et en mathématiques. Cette évaluation, à laquelle ont participé 38 pays de tous les continents, a concerné un échantillon d’élèves du niveau de la huitième année de l’enseignement de base, âgés de 14 ans environ.
b.     L’évaluation Monitoring Learning Assessment (M.L.A), à laquelle ont participé 11 pays africains, a porté dans sa dernière session sur les apprentissages fondamentaux en mathématiques et en arabe ainsi que sur des compétences de la vie courante qui sont développées par plusieurs disciplines (éveil scientifique, instruction civique et géographie). Cette évaluation a concerné un échantillon d’élèves du niveau de la 4ème année de l’enseignement de base, âgés de 10 ans environ.
III-4- Résultats et conclusions 
La première participation de la Tunisie au TIMSS - R a abouti à des résultats extrêmement modestes. Elle a en effet été classée 29ème sur 38 en mathématiques et 34ème sur 38 en sciences. La faiblesse de ces résultats s’expliquerait  par les raisons objectives suivantes :
§  En Mathématiques
L’inexistence dans les programmes tunisiens d’un certain nombre de concepts et de matières figurant dans la plupart des programmes des pays participants.
Le manque d’entraînement des élèves à la résolution des problèmes et à l’utilisation de leurs connaissances dans des situations significatives.
§  En sciences
La faiblesse de l’horaire imparti à l’enseignement des sciences qui ne représente que 5% de l’horaire global, au 2ème cycle de base, contre 12 % à l’échelle mondiale.
  L’absence d’un enseignement des sciences physiques dans le 2ème cycle de l’enseignement de base, contrairement à ce qui est pratiqué dans la plupart des pays participants.
A l’opposé, la participation tunisienne au M.L.A a été marquée par d’excellents résultats : 1ère place en mathématiques et en langue arabe, et 2ème place dans l’évaluation des compétences de la vie courante. Il s’agit de résultats positifs qu’il faut cependant considérer avec circonspection ; et cela pour deux raisons :
·       Tous les pays participants font partie du continent africain ; la comparaison concerne donc des systèmes éducatifs aux performances somme toute modestes.
·       Onze pays seulement ont participé à ce concours, ce qui constitue un échantillon peu significatif pour une comparaison pertinente.


Présentation  Mongi Akrout, inspecteur général de l'éducation
Révision Adessalem Bouzid, inspecteur général de l'éducation
Tunis ; février 2019





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